samedi 21 avril 2012

Une Société qui évolue, un art qui s’enracine, un français qui rayonne!

Lisez ici la lettre originale complète de la SEDFUO publiée dans l'édition spéciale 80e anniversaire de La Rotonde du 10 avril 2012.

Peu de souvenirs subsistent de l’époque où la Société de débats a vu le jour à l’Université d’Ottawa. Premier club francophone sur le campus, c’est en 1887 que la Société a débuté ses activités. Fusionnée avec la English Debating Society (EDS), il faudra attendre 2006 pour que la Société étudiante des débats français de l’Université d’Ottawa, la SEDFUO comme on la connaît aujourd’hui en 2012, prenne son envol. En effet, c’est en 2006 que les quelques membres francophones de EDS ont décidé de redonner au débat français sa propre représentation, sa propre voix.

Un saut de près de 120 ans semble minimiser le chemin accompli par la Société. Pourtant, ce qui vient entre 1887 et 2006 demeure flou. Quoiqu’on sache qu’elle a été membre fondateur de La Rotonde en 1932, seuls quelques documents témoignant de l’existence de la Société ont survécu. En discutant avec Marianne St-Jacques, Vincent Hardy et Francis Legault-Mayrand, anciens présidents de la SEDFUO, chacun se rend compte qu’il a avec lui – allez savoir pourquoi et, surtout, comment! – une preuve du passé : un article de La Rotonde daté du 19 décembre 1941 relatant les activités semestrielles de la Société, une vielle constitution de 1982, un guide d’introduction au débat publié en 1995 intitulé «Je m’exprime, donc je suis»… Mais sinon, rien. Une visite aux archives s’impose!

À la création de la SEDFUO à l’automne 2006, les membres étaient peu nombreux, parfois même pas assez pour faire un seul débat ! On tente cette même année-là d’organiser la Coupe Pierre-Elliott-Trudeau qui, malheureusement, devra être annulée par manque de participants (la première édition aura lieu l’année suivante). À l’extérieur, la Société s’illustre déjà dans différents tournois interuniversitaires, mais ceux-ci sont, à cette époque, isolés. Malgré ces embuches, c’est par la persévérance de ses fondateurs et de ses membres que la SEDFUO a su poursuivre ses activités, poursuivre sa participation à la construction de l’art oratoire francophone pancanadien qui, lui aussi, évolue.

Et aujourd’hui, la SEDFUO brille, sur le campus et ailleurs. Elle continue à collaborer avec différentes instances de l’Université en présentant des discours publics. Elle recrute de nouveaux membres et développe de plus en plus d’outils pour les encadrer. La Coupe Pierre-Elliott-Trudeau a, à l’automne dernier, célébré sa 5e édition. La SEDFUO continue à s’illustrer dans les tournois interuniversitaires en français, maintenant au nombre de cinq et se répétant sur une base annuelle régulière depuis trois ans. Pour la 3e année consécutive, la Société est couronnée championne nationale de débat oratoire en français, et pour la 3e année consécutive, le meilleur débatteur francophone se trouve dans ses rangs. Et à voir la motivation, l’implication et l’enthousiasme de ses membres, de plus en plus nombreux, c’est l’art oratoire, c’est le français qui resplendit.

Et c’est surtout par ceux qui le font vivre, ce français, au travers de l’art oratoire, qui lui donne sa beauté. Chacun a ses propres raisons, ses propres façons de le faire vivre. Certains sont sous les feux de la rampe, d’autres sont en coulisses; certains sont posés, d’autres enflammés; certains viennent pour s’amuser, d’autres pour apprendre, d’autres encore pour les deux à la fois… Lorsqu’on demande aux membres ce qu’ils en retirent, les réponses diffèrent et se ressemblent. Ils y trouvent le partage, l’originalité, un moyen d’expression pacifique – ou un défoulement pourquoi pas! –, un sens de la communauté, une façon d’appliquer en pratique ce qu’on apprend sur les bancs d’école, un moyen pour développer l’esprit critique, un défi intellectuel…

Mais ce qui est certain, c’est que l’art oratoire, c’est plus que simplement parler en français en public. L’art oratoire, c’est voir germer une idée, la voir s’organiser en un discours, puis en un débat. C’est argumenter et réfuter avec des collègues, et non pas contre des adversaires. L’art oratoire, c’est partager des pensées, en français, avec des francophones, des anglophones, des allophones et des francophiles. C’est rencontrer des gens de tout âge, de tout milieu, de tout domaine d’étude. L’art oratoire, c’est réussir à aller au-delà de ses opinions, de ses positions, de ses valeurs; c’est réussir à aller au-delà de soi-même. Et c’est là selon moi la diffusion orale de la langue française dans sa forme la plus complète et achevée.

Catherine Blanchard
Présidente 2011-2012
Société étudiante des débats français de l’Université d’Ottawa

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